
Le sujet : terme d’origine alchimique, l’Art Royal désigne la pratique maçonnique dans sa dimension la plus noble.
Il évoque la réalisation du Grand Œuvre, c’est-à-dire la « transmutation » qui correspond pour les francs-maçons à la transformation de l’homme lui-même.
Au final, l’Art royal désigne une voie traditionnelle d’élévation spirituelle qui fait autant appel à l’utilisation d’une méthode qu’à la volonté et au savoir-faire de l’artisan lui-même.
L’Art Royal est la définition même de la pratique maçonnique, incluant la triple dimension de Beauté, de Force et de Sagesse, sans poser aucune limite à la recherche de la vérité. C’est dire que la démarche maçonnique ne peut se désintéresser des arts en général, et d’abord à l’architecture, mais aussi à la musique, la danse, la littérature, la peinture, le cinéma ou la bande dessinée.
La franc-maçonnerie semble avoir pris en compte, à partir des arts en général, « cette correspondance des choses visibles avec celles qui ne le sont pas » (Paul Valéry).
Deux jours exceptionnels pour plonger dans l’initiation, le sacré et le symbolisme. Le programme du Salon du Livre Maçonnique de Nantes vous propose un parcours riche : conférences de renom, débats stimulants, ateliers vivants — une invitation à explorer et questionner, à tisser des connexions entre passé et présent.
Samedi 21 novembre 2026
- 10h00 : Dominique FREYMOND : Les différentes représentations de la Franc-maçonnerie dans le 7e art
- 11h15 : Cécile RÉVAUGER : William Hogarth (1697-1764), engagement maçonnique et innovation esthétique
- 14h15 : Laure BELLIER : L’enfance de l’art
- 16h00 : Yves HIVERT-MESSECA : La B(b)eauté, voie spirituelle vers l’Art Royal
- 17h15 : Michel JACCARD / Thomas GRISON : Chemin du Tarot, chemin de Lumière
Dimanche 22 novembre 2026
- 10h00 : Piere MOLLIER / Lauric GUILLAUD : Romantisme et FM
- 11h15 : Gérard LUJAN : De l’Art et le Juste à l’Art du Juste : l’Art Royal
- 14h15 : Marie-Dominique MASSONI : Du beau en ses légendes ou Femmes d’encre, de pinceaux et de symboles
- 16h00 : Roger DACHEZ : L’art du tablier : une source du symbolisme maçonnique ronde ou conférence
- 17h30 : Cie NGC25 Performance dansée : Les Corps Affranchis – Directeur Artistique Hervé MAIGRET – Danseuses Nathalie LICASTRO et Julie CLOAREC-MICHAUD
Clôture du Salon à 18H00 avec le pot de l’Amitié et de la Fraternité
Résumés des interventions :
Marie-Dominique MASSONI (GLFF) :
Titre : « « Du beau en ses légendes » ou « Femmes d’encre, de pinceaux et de symboles »
(Sand, Carrington, Remedios Varo, Ithel Colquhoun)»
Résumé :
Comprendre et rêver… Les historiens de l’art et de la littérature ont longtemps considéré les femmes comme des muses, des égéries, jamais comme des créatrices à part entière. Flaubert, pourtant, dans ses lettres s’adressait à George Sand en lui disant « ma chère Maître ». Nous aborderons les étranges aventures de Consuelo jusqu’à son initiation et les cheminements ésotériques de trois artisanes de l’art royal connues de quelques rares passionnés jusqu’à aujourd’hui où on les qualifie désormais de « magiciennes du surréalisme ». Leonora Carrington, Remedios Varo, Ithel Colquhoun comme Sand, scandaleuses femmes d’utopie, ont visité livres d’alchimie, recettes chamaniques, terres intérieures et contrées imaginaires, trouvant, exception faite de Colquhoun, leur chemin hors des voies de la franc-maçonnerie mais parfois tout près.
Laure BELLIER (DH) :
Titre de la conférence : « L’enfance de l’art »
Résumé :
L’on sait que franc maçonnerie et art – sous toutes leurs déclinaisons – entretiennent des relations diverses.
Est-il possible d’appréhender (de décrypter) l’expérience maçonnique en elle-même et dans sa dimension à la fois générale et singulière par le prisme de l’art ?
Par exemple, si l’on prenait l’ « art » au mot et certaines expressions telles qu’ « arts libéraux », « art royal » ou « arts plastiques » à la lettre , que nous diraient-ils de ce que nous venons fabriquer en loge ?
Quel rôle la beauté joue-t-elle dans une quête spirituelle ?
De quelle architecture somme nous les plus ou moins grands architectes ?
S’interroger sur l’enfance de l’art n’est-ce pas, d’une manière sérieuse mais néanmoins joueuse, mettre en mots ce que nous tâchons de mettre en œuvre?
Cécile REVAUGER (GO) :
Titre de la conférence : « William Hogarth (1697-1764), engagement maçonnique
et innovation esthétique ».
Résumé :
William Hogarth, Grand Intendant de la Grande Loge d’Angleterre, a mis en scène de nombreux maçons, parfois avec un regard un peu moqueur, mais toujours bienveillant. Il a créé une académie de peinture pour permettre aux peintres les plus défavorisés de se former. Peintre et graveur, il a innové avec sa fameuse « ligne serpentine », qui donnait mouvement et vie à toutes ses oeuvres en s’éloignant un peu du clacissisme qui prévalait alors. Il a porté les valeurs de tolérance religieuse des Lumières dans l’esprit latitudinaire de son époque et de celui des Constitutions d’Anderson : toutes les croyances étaient acceptables pourvu qu’elles ne soient pas dogmatiques. Surtout, Hogarth fut un pionnier de la liberté de conscience.
Dominique FREYMOND (ALPINA)
Titre de la conférence : Les différentes représentations de la Franc-Maçonnerie dans le 7e art
Sous-titre : Analyse de plus de 300 œuvres cinématographiques ou séries télévisées entre 1915 et 2025
Résumé :
Présentation d’une analyse de plus de 150 films et 150 séries télévisées européennes et américaines parlant de la Franc-Maçonnerie dans une approche neutre, positive ou négative.
Exploration des critères qui permettent de déterminer si une œuvre peut être qualifiée de maçonnique ou pas, des interprétations erronées, des liens de cousinage à des scènes d’initiation.
Des simples allusions visuelles (port d’une bague maçonnique) à la représentation complète d’un rituel d’initiation, la conférence passe en revue des films classiques (Alamo, L’homme qui volait être roi, Coup de torchon, Z), des films antimaçonniques (Forces Occultes), des documentaires (Terra Masonica ou le tour du monde en 80 loges), des séries policières (Colombo, Barnaby, Morse), des séries humoristiques (les Monty Python’s dans la série Flying Circus) et même des dessins animés (Les Pierrafeu, les Simpsons).
Pierre MOLLIER (GO) et Lauric GUILLAUD (GLDF) :
Titre de la conférence : Romantisme et Franc-Maçonnerie
Résumé :
L’Europe à la fin du XVIIIe siècle est soumise à un fort bouillonnement d’idées. Elle n’est pas
isolée. En cette période si riche dans le mouvement des idées, les Loges maçonniques
prolifèrent et leurs courants divers contribuent à bien des débats, qu’elles soient rationalistes ou
mystiques. Les thèmes du préromantisme et du romantisme investissent au même moment les
lettres et les arts : découverte de la valeur des mythes, des anciennes légendes, de l’imaginaire
et de l’intuition. Une partie de l’Europe intellectuelle idéalise la Nature, redécouvre le
« gothique ». De nombreux thèmes maçonniques se retrouvent transposés sous la plume des
écrivains alors que débute le XIXe siècle : l’homme en tant qu’émanation divine, grands initiés,
avènement de l’Age d’Or… Nombre de littérateurs, initiés ou profanes, s’intéressent à la
maçonnerie (George Sand, G. de Nerval, Victor Hugo). D’étonnantes interactions surviennent
qui éclaireront les décennies suivantes et les idéologies du XXe siècle. C’est cette période
marquante que traitent nos deux conférenciers
Michel JACCARD (Alpina) et Thomas GRISON (GLTSO) :
Titre de la conférence : « Chemin du Tarot, chemin de lumière »
Résumé :
L’idée de cette conférence est de confronter des points de vue, souvent convergents, sur un
ensemble de cartes créé en Lombardie dans la première moitié du 15e siècle. Si le succès du
tarot ne s’est jamais démenti depuis le 17e siècle, en France et partout dans le monde, et que la
pensée occultiste du 19e siècle a tissé de nombreuses légendes à son sujet, Michel Jaccard et
Thomas Grison partageront leur regard d’historiens sur un jeu qui, loin des sentiers battus de la
divination, porte indubitablement l’héritage d’une tradition initiatique ancrée dans la pensée
occidentale.
Gérard LUJAN (GL-AMF) :
Titre de la conférence : “ De l’Art et le Juste à l’Art du Juste : l’Art Royal”
Résumé :
Pour Aristote : « La juste mesure est toujours juste proportion, celle qui préside à l’Art, celle
qui devrait régner dans la société » L’Art a pour fonction de révéler par son originalité, ce que
la réalité ne donne pas immédiatement à voir et fait acte de création. L’Art révèle le réel en le
réinventant.
L’Art permet de rétablir le juste de l‘injuste passé. Mais comment atteindre la justesse alors que
rien n’est définitif dans ce monde ? et si la vraie justesse était d’être juste avec soi-même ? C’est
justement le sens de la démarche initiatique, chemin de justesse se proposant de réunir ce qui
est épars en nous, les deux parties du symbolon que nous sommes. Cette démarche se réfère à
un Art, un art du juste, le juste en nous et le juste majeur auquel nous devons atteindre.
Cet Art n’est autre que l’Art Royal : Art de la métamorphose de soi, clé de la Sagesse et de la
Connaissance ; Art qui fait les rois ou l’art de devenir Dieu, archétype de la perfection humaine.
Par la pratique de l’Art Royal, le franc-maçon accomplit son devoir, celui de servir le Beau, le
vrai, le Juste et de transmettre la lumière qu’il en reçoit.
Cet accomplissement sera porté par une parole originelle, à la fois pure et purificatrice, juste
parole du souffle de la lumière divine, empreinte de l’amour divin, car l’amour et la lumière
forment l’essence de la divinité et sa transmission.
De l’Art à l’Art Royal, le juste marie la volonté et le savoir-faire de l’artisan et l’aspiration à
l’élévation spirituelle du cherchant, cet homme délivré de ses passions et de son ego, à même
d’accéder à la réalité et à la Vérité.
Yves HIVERT-MESSECA (GNLF) :
Titre de la conférence : La B(b)eauté, voie spirituelle vers l’Art Royal
Résumé :
La B(b)eauté, catégorie esthétique et philosophique, est également une voie initiatique. Elle
est ainsi dévoilement, expérience fondatrice et transcendance. Comme 3ème pilier, la
B(b)eauté est harmonisatrice, manifestation visible de l’Ordre invisible. On passe donc de
l’émotion esthétique à l’élévation spirituelle. L’Art Royal se construit dans et par la B(b)eauté.
Il se veut l’accomplissement d’une esthétique sacrée. Ainsi s’explique la signification profonde
du « Beau Geste » du cherchant et du chercheur.
Roger DACHEZ (LNF)
Titre de la conférence : « L’art du tablier : une source du symbolisme maçonnique »
Résumé :
L’art de la broderie et de la passementerie, atteignant des sommets au XVIIIe siècle, a servi la
mode nouvelle de la franc-maçonnerie en parant ses adeptes de somptueux décors. Nombre de
grades maçonniques éphémères n’ont laissé d’autres traces que celle de leurs tabliers, tandis que
certains de ces derniers demeurent impossibles à identifier, témoins muets d’un savoir oublié.
Enfin, certaines énigmes rituelles – les textes du XVIIIe siècle étant souvent très elliptiques – ne
sont résolues que par l’apport des symboles apposés sur les vêtements en peau d’agneau des
maçons. Ainsi, aller à la découverte de ces décors, c’est effectuer un véritable voyage dans le
temps, esthétique autant qu’initiatique
Lieu :
2 impasse du Tertre, 44470 Carquefou
(parking gratuit et sécurisé sur place)
Dates et horaires :
21 et 22 novembre 2026
de 9h30 à 18h
